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À l'ère de l'IA, comprendre devient la vraie compétence
29 Avril 2026 École Hexagone

À l'ère de l'IA, comprendre devient la vraie compétence

Une interview avec notre Directeur de Programme « Bachelor Informatique », Chris Chevalier.

De la transmission à la vocation : un parcours tourné vers l'enseignement

_Votre parcours est fortement ancré dans le développement. Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous impliquer dans la formation et de prendre la direction du Bachelor Informatique à l'École Hexagone ?_

C'est en 3ème d'étude supérieure en informatique que j'ai commencé à former des profils débutants sur des sessions d'une à deux heures de cours particuliers. Une fois diplômé, j'ai été approché par plusieurs écoles et centres de formation pour lesquels j'ai donné cours. J'ai directement apprécié l'exercice.

Je vois la formation comme une opportunité pour parfaire ses propres compétences et connaissances tout en les partageant à un public. J'aime en particulier enseigner à des personnes totalement néophytes afin de les accompagner de la découverte à la compréhension/maitrise de la compétence.

C'est pour ces raisons et l'évolution des métiers du développement, guidée par l'essor des IA génératives, qui m'ont poussé à poursuivre ma carrière professionnelle dans la formation.

Contrairement à quand j'étais étudiant, aujourd'hui, transmettre ne consiste plus seulement à apprendre à produire du code mais à apprendre à comprendre et challenger ce que l'on produit.

Repenser la formation en informatique à l'ère de l'IA

_Quand vous regardez les formations en informatique aujourd'hui, qu'est-ce qui vous semblait perfectible ou insuffisant, et que vous avez voulu repenser dans le Bachelor Informatique ?_

Aujourd'hui, on peut produire du code sans vraiment comprendre ce qu'on fait. C'est là, le réel problème actuel. Beaucoup d'écoles forment des profils capables de « faire fonctionner » une solution mais incapables de l'expliquer, de la maintenir ou de la faire évoluer.

Ma conviction, c'est que la vraie compétence aujourd'hui, ça n'est plus produire mais comprendre.

Le Bachelor a donc été pensé avec une exigence forte : former des développeurs capables de reprendre le contrôle sur leur code, y compris lorsqu'il est assisté ou généré par l'IA générative.

Concrètement, ça passe par beaucoup de pratique, mais toujours adossée à une compréhension profonde des mécanismes fondamentaux.

Une pédagogie fondée sur la compréhension avant la production

_Comment décririez-vous votre manière d'enseigner et de concevoir une formation, et comment cela se traduit concrètement dans le quotidien des étudiants ?_

Mon approche repose sur un équilibre clair : comprendre avant de produire. Chaque notion théorique est rapidement mise en pratique avec une exigence forte : être capable d'expliquer ce que l'on fait, pas seulement de le faire fonctionner ! C'est pour cela que chaque module se conclut par une double évaluation :

  • Une épreuve pratique pour vérifier la capacité à produire ;
  • Une épreuve théorique pour vérifier la compréhension réelle.

L'objectif est simple : éviter que les étudiants deviennent dépendants des outils, y compris de l'IA générative.

Une formation alignée en continu avec les réalités du terrain

_Comment faites-vous pour vous assurer que le contenu du Bachelor reste aligné avec les réalités du marché et les attentes des entreprises ?_

Au-delà de la veille technologique traditionnelle, je confronte systématiquement le programme à des professionnels en activité avant chaque rentrée (développeurs, ingénieurs réseau, architectes SI, RSSI, etc.).

L'objectif n'est pas de suivre les tendances technologiques du marché mais de vérifier que les compétences enseignées sont réellement utilisées en entreprise notamment sur la maintenabilité du code, la reprise de projet ou la collaboration en équipe.

Les programmes experts sont, par ailleurs, une réponse très cohérente aux besoins actuels du marché en terme de compétences et d'expertises.

Les qualités essentielles pour évoluer dans la tech aujourd'hui

_Au-delà de la technique, quelles sont selon vous les qualités essentielles qu'un étudiant doit développer pour réussir dans la tech aujourd'hui ?_

D'après moi, c'est la curiosité qui va permettre de démarquer les profils tech. Si l'étudiant prend toujours le temps de se renseigner, en profondeur, sur les prérequis, les technologies et outils d'un projet, c'est qu'il a déjà une certaine forme de recul et de maturité pour compenser ses éventuelles lacunes.

Au-delà de la curiosité, la capacité à remettre en question ce que l'on produit est devenue essentielle aujourd'hui. Un bon développeur ne se contente plus d'accepter une solution. Il la critique, la teste, la comprend. C'est particulièrement vrai avec l'IA générative, où il est facile d'obtenir une réponse mais beaucoup plus difficile d'en évaluer la qualité.

Pour que les étudiants apprennent à se découvrir sur le plan professionnel, j'organise chaque année, plusieurs heures de positionnement professionnel dans le but de les accompagner dans leur recherche de stage et/ou d'alternance. L'objectif concret consiste à travailler le profil professionnel que l'étudiant renvoie dans le milieu de la tech en améliorant son CV, sa posture professionnelle, sa rigueur et son esprit critique.

Accompagner des profils variés vers un objectif commun d'excellence

_Comment arrivez-vous à accompagner des profils très différents, débutants comme passionnés, pour les amener vers un niveau professionnel solide ?_

Une classe a rarement un niveau homogène. C'est pourquoi les cours sont pensés pour être relativement accessibles auprès d'un public débutant tout en proposant des exercices pratiques et/ou projets plus intenses et challengeants pour les profils à l'aise.

Par ailleurs, l'école permet un accompagnement individuel permettant un suivi proche de chaque étudiant afin de lui permettre une montée en compétence progressive, rigoureuse, cadrée et en accord avec son profil.

Ainsi, en fonction des dispositions de certains étudiants (handicaps, sportifs de haut niveau, etc.), on adapte nos exigences et façons de fonctionner.

Nous adaptons les modalités d'apprentissage en fonction des profils mais pas le niveau d'exigence. L'objectif à terme est le même pour tous : atteindre un niveau professionnel solide avec une réelle compréhension des compétences acquises.

Former les développeurs face aux transformations de l'IA générative

_Comment voyez-vous évoluer les métiers du développement dans les prochaines années, et en quoi le Bachelor prépare-t-il les étudiants à ces évolutions ?_

L'IA générative est en train de transformer profondément le métier de développeur. Aujourd'hui, il est possible de produire rapidement des solutions fonctionnelles sans réelle compréhension. C'est ce qu'on appelle le « vibe coding ».

Le problème, c'est que ces solutions, bien que fonctionnelles superficiellement, sont souvent difficiles à maintenir mal comprises et parfois même dangereuses en production.

Ce qui fera la différence demain, ça ne sera plus la capacité à produire du code mais à le comprendre, le critiquer et le reprendre. C'est exactement ce que nous cherchons à développer chez nos étudiants.

Une exigence académique comme véritable facteur de différenciation

_Qu'est-ce qui, selon vous, fait vraiment la différence du Bachelor Informatique de l'École Hexagone par rapport à d'autres formations en développement ?_

La différence ne se fait pas seulement sur les outils ou les technologies enseignées. En réalité, toutes les écoles finissent par converger en fonction des tendances du marché. La vraie différence se fait sur le niveau d'exigence et sur la manière d'aborder la technique.

Nous ne cherchons pas à former des profils capables de « faire fonctionner » un projet mais d'expliquer ce qu'ils font, de défendre et argumenter leurs choix et de reprendre un système qu'ils n'ont pas conçu. Un cas très répandu en entreprise.

C'est pour ça que les étudiants sont très rapidement confrontés à des projets concrets mais avec une attente forte sur la compréhension, la rigueur et la capacité à argumenter/justifier leurs choix.

C'est plus exigeant, mais c'est aussi ce qui les rend réellement employables.

De la pratique à l'autonomie : l'impact concret de la formation

_Est-ce que vous pouvez partager un exemple de parcours ou de projet étudiant qui illustre bien l'impact de la formation ?_

Au-delà d'apprendre à utiliser des outils, la formation apprend à justifier et assumer la mise en œuvre d'un outil en fonction du projet, du contexte, de l'environnement, etc.

Par exemple, un étudiant arrivé sans base en développement est aujourd'hui capable, en fin de parcours, de reprendre une application existante, d'identifier ses limites et de proposer des améliorations argumentées.

Ce type de capacité est particulièrement recherché en entreprise où il est rare de travailler sur un projet que l'on a entièrement conçu depuis le début.

Comprendre avant de produire : l'essence du Bachelor Informatique

_Si vous deviez résumer en une phrase l'essence du Bachelor Informatique de l'École Hexagone, qu'est-ce que vous diriez à quelqu'un qui hésite à rejoindre la formation ?_

Aujourd'hui, produire du code est devenu facile. Comprendre ce qu'on produit ne l'est plus. C'est exactement ce que nous enseignons.